Quand l'Amérique voit rouge...

C'est l'histoire d'un grand pays où les Rouges et les Bleus alternent au gouvernement... Les hommes politiques sont des professionnels. Ils sont favorables aux droits de l'homme, au libre échange... Ils préfèrent les réformes sociétales aux réformes sociales. Elles sont moins coûteuses. Pendant des années, la bourse, déconnectée de l'économie réelle, enrichit une minorité de nantis. On ferme les usines, réduit les services publics et la sphère de l’État providence... Au nom de la concurrence libre et non faussée. L'économie est la priorité. Si les inégalités, la pauvreté, la précarité croissent, tant pis. Les politiques savent ce qui est bon pour le peuple. Il ne le prennent pas au sérieux même lorsque des citoyens se rassemblent spontanément et occupent l'espace public. Quand un leader politique de gauche devient populaire, susceptible de porter la parole citoyenne, et prétend représenter son parti à la présidentielle... les professionnels de la politique préfèrent l'écarter. Et choisir un candidat du sérail. Quitte à tricher à la primaire. Puis vient un troll. Grossier, démagogue, délirant... Nul n'imagine sérieusement qu'on puisse voter pour lui. Pourtant, il se qualifie. Ces outrances sont dénoncées par la presse, raillées par ses adversaires... Il est sexiste, raciste, méprisant, menaçant... Les sondages donnent le candidat du sérail gagnant, pourquoi s'inquiéter quand les vedettes des médias et du show-business, ceux qui font l'opinion, le soutiennent ? Puis vient le réveil douloureux. Ce grand pays, c'est les États-Unis d'Amérique, bien sûr... Quel autre pays, quels autres dirigeants, feraient la même erreur ?

Quand l'Amérique voit rouge...